Introduction Sur L Argumentation Dissertations

Quel sujet pourrait tomber le jour J ? Nous avons demandé à des professeurs de français de proposer des intitulés de sujets et de rédiger des corrigés (plans détaillés). Entraînez-vous en conditions réelles et vérifiez, ensuite, si vous auriez vu juste !

Le sujet

Au XIXe siècle, la mise en scène de théâtre était soumise à des limites techniques et morales, de sorte qu'Alfred de Musset, voulant se libérer de ces contraintes, a préféré écrire des pièces qui n'étaient destinées qu'à la lecture. Il les a réunies dans un recueil intitulé Théâtre dans un fauteuil. D'après votre propre expérience du théâtre et d'après ce que vous en avez étudié, estimez-vous que l'on apprécie davantage une pièce en la lisant ou en assistant à sa mise en scène au théâtre ?


Conseils

1 – Noter toutes ses connaissances sur un brouillon (5 minutes).

On ne peut aborder une telle dissertation sans avoir dans ses bagages un minimum (une dizaine environ) de pièces de théâtre que l'on peut exploiter. Au brouillon, commencez par noter en vrac tous les titres des pièces dont vous pourrez tirer des exemples pertinents. Cela donne des idées pour travailler le sujet. Il faut aussi noter des noms de personnages et ceux des metteurs en scène dont on se souvient, ainsi que des formes de représentation (commedia dell'arte...).

2 – Étudier le sujet et chercher une problématique (5-10 minutes).

Le sujet laisse entendre que la mise en scène d'une pièce – du moins au XIXe siècle – présentait des contraintes. On peut retenir ce mot et l'associer à son contraire : la liberté. Par la suite, il est question de notre propre expérience : vous venez de la "déballer" sur votre brouillon. Enfin, une question claire est posée, qui semble opposer deux manières d'appréhender le théâtre : en lisant une pièce ou en assistant à sa mise en scène au théâtre. Gardez cette idée à l'esprit et passez à l'étape suivante.

3 – Chercher des idées (15-20 minutes).

Par association, par schéma heuristique, par colonnes... Associez les idées trouvées avec un exemple que vous avez noté noté au brouillon. C'est de ce travail que doivent émerger la problématique et le plan.

4 – Construire un plan (5-10 minutes).

La dichotomie du sujet invite à présenter la dissertation selon un plan dialectique : point de vue A / point de vue non-A / synthèse. Mais on peut aussi apporter une variante : point de vue A / point de vue non-A / point de vue B. Cela dépend du degré de maîtrise du sujet, des connaissances et du temps qu'il reste une fois la question de corpus traitée ! Écrivez chaque partie de ce plan sur une feuille de brouillon à part, en commençant par formuler clairement l'idée directrice de chaque partie. Cette idée directrice doit contribuer précisément à résoudre une partie de la problématique.

Ensuite, notez l'intitulé des sous-parties qui constituent les arguments sur lesquels repose votre réflexion. Ajoutez un exemple à développer pour illustrer chaque sous-partie (et éventuellement un autre exemple juste cité pour renforcer l'argument).

Toujours au brouillon, au bas de la feuille de chaque partie (sauf la dernière !), notez une transition de trois ou quatre lignes. Puis rédigez complètement l'introduction et la conclusion pour ne plus avoir à y réfléchir quand il ne restera plus que 15 minutes avant la fin. Prévoir 30 à 40 minutes pour l'ensemble de ce travail de rédaction.


Le corrigé

Introduction

Issu d'un rite religieux lié au culte de Dionysos, le théâtre a quitté la sphère sacrée à la chute des civilisations antiques. Mais il a toujours gardé une dimension rituelle qui incite à considérer cet art avec un respect parfois disproportionné ou, au contraire, à le remettre en question par provocation ou par désir d'en faire ressortir l'intemporalité. Au XIXe siècle, les romantiques s'en sont emparés pour y exprimer leur quête d'absolu ; mais les contraintes techniques et morales de cette époque ont poussé Musset à imaginer des intrigues détachées des règles de forme et de bienséance.

Problématique : cette attitude de contournement d'Alfred de Musset, au nom de la liberté d'écriture, nous conduit à nous poser la question de la liberté d'interprétation d'une œuvre dramatique : quel accès à l'œuvre théâtrale nous offre la plus grande liberté d'interprétation de son sens ?

Présentation du plan : Nous verrons dans un premier temps que le face-à-face avec le texte permet de tisser avec l'œuvre un rapport intime et révélateur. Cependant, force est de constater que le sens d'une pièce peut être enrichi par le jeu des comédiens ou l'interprétation d'un metteur en scène, ce que nous développerons dans un deuxième temps. Enfin, nous verrons que le théâtre ne doit pas être limité à la question de l'interprétation d'un texte, et que le langage théâtral peut dépasser nos attentes en matière de révélations.

I – Lire le théâtre

Accéder à une œuvre théâtrale par la lecture de son texte nous garantit de façon évidente la jouissance intime de son contenu et la liberté de son interprétation.

A – Le théâtre, c'est d'abord un texte, une œuvre poétique ou polémique, qu'il s'agisse de Jean Racine, de Bertolt Brecht ou de Bernard-Marie Koltès. La lecture permet de s'approprier le texte. Livre en main, on peut en prendre possession par des relectures, des retours en arrière, des notes personnelles...

Exemple : Dans la solitude des champs de coton de Koltès, une pièce de théâtre composée de longs monologues dépourvus de ponctuation, qui ouvre un espace nouveau dans notre imaginaire.

B – La lecture permet aussi d'imaginer les personnages, les espaces dans lesquels ils évoluent, ainsi que l'intensité de leurs actions et réactions. On peut concevoir tout cela à partir de sa propre expérience, de ses propres désirs.
Exemples :
les pièces antiques ou celles de Shakespeare ; les scènes d'amour ou de meurtre.

C – Lire une pièce de théâtre, c'est aussi avoir accès aux didascalies, dont on connaît l'importance dans le théâtre du XXe siècle.
Exemple :
l'importance des indications de "Silence" dans Fin de partie de Samuel Beckett.

Transition : Mais ces incursions de l'auteur dans notre appréhension du texte se substituent-elles pleinement à la réalisation scénique de l'œuvre dramatique ? Dans ce cas, pourquoi Beckett lui-même a-t-il tenu à faire représenter ses textes sur une scène de théâtre ?

II – La force de la représentation

Nous allons rappeler dans cette deuxième partie que l'essence même du théâtre est de toucher le destinataire par le moyen d'une représentation scénique. Cf. Molière : "Les comédies ne sont faites que pour être jouées."

A – Les individualités qui constituent le public, si elles partagent le temps et l'espace de la représentation, n'en demeurent pas moins libres dans leurs émotions et leur perception de l'œuvre.
Exemple : les critiques des pièces sont rarement unanimes. Une sortie scolaire au théâtre fait aussi ressortir la liberté d'interprétation du spectateur. Autre exemple littéraire : Hernani de Victor Hugo et la fameuse "bataille" que cette pièce a engendrée.

B – L'interprétation d'une œuvre dramatique apporte des éléments que nous n'aurions pas saisis en lisant la pièce. Les comédiens comme le metteur en scène donnent une dimension supplémentaire à l'œuvre.
Exemple :
faire référence à une pièce étudiée en cours et dont vous avez compris le sens en la voyant jouée sur scène, ou une pièce étudiée qui s'est avérée beaucoup plus drôle ou émouvante une fois qu'on l'a vue sur scène.

C – La représentation suppose un pacte avec le spectateur : il accepte de se soumettre à l'illusion en espérant accéder à la vérité. Cette illusion est créée par des êtres de chair, des décors dont on perçoit la matière, des voix dont le vibrato change à chaque représentation. La confrontation entre les mots d'un écrivain et leur manifestation physique apporte une dimension supplémentaire à notre perception intime de l'œuvre.

Exemple à tirer d'une expérience personnelle (en évitant toutefois la première personne).

Transition : Le théâtre, ce n'est donc pas seulement un texte, ni un bâtiment équipé d'une scène, c'est un moment de vérité qui s'exprime dans un langage protéiforme.

III – Texte et langage théâtral

Dans cette dernière partie, nous allons analyser comment le rapport entre le spectacle et le spectateur a évolué, et combien l'importance du texte est désormais relativisée par rapport à d'autres composantes de la création dramatique.

A – Apparition récente du metteur en scène dans le processus de création théâtrale ; depuis le XXe siècle, la mise en scène donne une dimension supplémentaire à l'œuvre, par le recours aux signes et aux symboles.
Exemples : les mises en scène de Patrice Chéreau, de Stéphane Braunschweig, d'Olivier Py, de Peter Brook, d'Ariane Mnouchkine...

B – Le théâtre peut exister sans le texte : le langage théâtral est fait de signes portés par la scénographie, le corps des acteurs, le choix d'un lieu.
Exemple :
le théâtre expérimental, la pantomime, le butoh, les mises en scène de Luk Perceval...

C – Le spectateur n'est pas seulement destinataire de l'œuvre dramatique, il en est, selon Vsevolod Meyerhold, le "quatrième créateur", après l'auteur, l'acteur et le metteur en scène.
Exemple :
toute expérience personnelle, le théâtre forum.

Conclusion

À l'origine, le théâtre avait une fonction cathartique. Or cet effet purificateur ne pouvait être déclenché que par la représentation scénique de l'œuvre. Contrairement à la poésie, qui s'interprète dans l'intimité d'une lecture, le théâtre suppose une communion avec un public. Si la lecture d'une pièce nous enrichit, son interprétation sur scène décuple cet apport dans le sens où elle nous invite à entrer dans un acte créateur, au même titre que le metteur en scène ou les comédiens. Par ailleurs, les contraintes techniques et morales étant aujourd'hui ignorées, nous avons la possibilité de voir les pièces de Musset, et de vivre cette alchimie singulière qui opère le temps d'une représentation. Ainsi, plus que dans toute autre forme artistique, notre intimité et notre imagination sont sollicitées, révélant par là même, au-delà de notre liberté, notre pouvoir d'interprétation.

Sommaire du dossier

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Corrigé

Les titres en couleur et les indications entre crochets servent à guider la lecture mais ne doivent pas figurer sur la copie.

« L’écrivain sait que toute parole est action », affirme Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ? Il a ainsi « longtemps pris [sa] plume pour une épée », comme l’ont fait Voltaire, Diderot, Zola, qui connaissaient l’efficacité argumentative de la littérature pour critiquer l’homme et la société. Mais tout écrivain doit choisir la stratégie à adopter pour mener ce combat. L’argumentation directe est-elle un bon moyen pour critiquer l’homme et la société ? À coup sûr, elle présente beaucoup d’atouts pour emporter l’adhésion du lecteur . Mais les autres formes d’argumentation – notamment indirecte – sont elles aussi très efficaces . Laquelle donne le plus de force à la critique ? Cela dépend de nombreux paramètres dont il faut tenir compte avant de choisir l’une ou l’autre .

I. La force et les atouts de l’argumentation directe : convaincre

1. La diversité des genres de l’argumentation directe

  • Les les , qui abordent de multiples sujets – politique, social, philosophique et religieux… –, se prêtent à l’ (Traité sur la tolérance, de Voltaire), d’une institution (la justice par exemple). Dans l’, l’auteur s’engage pour soutenir sa thèse ; le , lui, obéit à une volonté (L’Esprit des lois, de Montesquieu ; Émile, de Rousseau).
  • L’argumentation directe peut prendre une , qui permet la  : celle du , pratiqué dès l’Antiquité (dialogues de Platon) et populaire au e siècle (Le Neveu de Rameau, de Diderot).
  • Elle peut avoir un à travers le , qui s’adresse à un public collectif et s’appuie sur les (discours de Hugo « Sur la misère » en 1849 devant l’Assemblée, ou de Robert Badinter en 1981 pour l’abolition de la peine de mort en France).

2. L’efficacité de l’argumentation directe pour critiquer

  • Le sujet abordé est clair ; la thèse est exposée au premier degré [exemples personnels]. La démarche déductive, qui part d’une idée générale, d’une thèse et en fournit des illustrations, est inspirée par les raisonnements mathématiques (réseau de causes, de conséquences, de concessions, d’oppositions…) dont elle a la rigueur et la solide structure « thèse-arguments-exemples ». C’est la forme que privilégient pour traiter de Pascal dans ses Pensées au e siècle, Rousseau (Émile ou de l’Éducation), Montesquieu (L’Esprit des lois), Voltaire (Traité sur la tolérance) au e siècle.
  • Tout cela limite ou  d’interprétation de la part du lecteur et . L’auteur vise l’ en couvrant la totalité du sujet et en le présentant sous plusieurs angles, notamment dans les dialogues (Supplément au Voyage de Bougainville, de Diderot).
  • La rigueur et la volonté d’objectivité de l’argumentation directe , qui a le loisir d’ajouter une dimension personnelle à son argumentation, ce qui peut renforcer l’intérêt du lecteur et provoquer ses réactions (hostiles ou favorables) [exemples personnels].

II. La concurrence de l’argumentation indirecte : persuader

Mais, pour argumenter, il faut aussi « plaire » (La Fontaine).

1. La diversité des genres de l’argumentation indirecte

  • L’ prend diverses formes : les – avec leurs animaux, objets, végétaux qui composent un monde merveilleux [exemples], les du e siècle, souvent plaisants, à l’action mouvementée et à portée morale ou philosophique (Voltaire, Candide, Zadig), l’, description d’un monde idéal qui permet de critiquer la société [exemples].
  • L’argumentation indirecte peut prendre la forme animée du , qui, selon Hugo, « est une tribune » ; fiction « jouée », il donne l’illusion de la réalité. Ainsi Marivaux, dans L’Île des esclaves, met une utopie sur scène pour critiquer le comportement des « maîtres ».
  • Le , qui recrée tout un monde, peut aussi prendre une portée sociale : la description de la misère des mineurs par Zola dans Germinal est une critique du capital et une défense des démunis.

2. L’efficacité de l’argumentation indirecte pour critiquer

  • Argumenter indirectement, c’est répondre au et s’adresser à leur , à leur avant de parler à leur esprit : on s’intéresse aux personnages, aux rebondissements, à l’action… [exemples]. Cela permet l’évasion dans d’autres mondes, parfois merveilleux (fables de La Fontaine, l’Eldorado dans Candide). La possibles est  : humoristique, ironique, pathétique, polémique… si bien qu’elle touche un public très divers.
  • L’argumentation indirecte propose des , incarnées, plus . Elle évite le discours théorique et le ton didactique, touche ainsi un large public, de tous les âges (les fables plaisent aux enfants et aux adultes).
  • Elle  : un lecteur admet aisément la critique d’un personnage différent de lui, venu d’un monde fictif (animaux, végétaux, dans les fables, les contes) ; une fois le récit fini, la transposition lui est imposée. Au théâtre, le « message » implicite s’impose avec d’autant plus de force au spectateur que le personnage est vu et entendu [exemples].
  • L’auteur peut aussi ses personnages et les , en faire des victimes ou les rendre totalement sympathiques (Fantine dans Les Misérables) ou particulièrement odieux (Javert dans LesMisérables).
  • Elle implique une  : le lecteur a un rôle actif ; il doit décoder les intentions de l’auteur, implicite (le message de Germinal chez Zola ou de Rhinocéros chez Ionesco).
  • Enfin, l’argumentation indirecte pour se défendre de la censure (Les Lettres persanes, de Montesquieu).

III. Que choisir ? Cela dépend…

Chacune de ces stratégies a ses atouts mais aussi ses limites

1. Chacune de ces stratégies n’a-t-elle pas des limites ?

  • L’ est parfois , voire rébarbative par sa rigueur, son abstraction. Elle aussi , cultivé et donc limité. Enfin, trop directe, elle peut choquer par son parti pris qui heurte les convictions du lecteur [exemples].
  • L’ présente le risque d’une par un lecteur peu averti. Ainsi Rousseau pense que les fables de La Fontaine ne conviennent pas aux enfants qui admirent le Renard au lieu de plaindre le Corbeau. L’implicite et l’humour sont parfois difficiles à discerner ; l’ironie (contes philosophiques ; « De l’esclavage des Nègres », de Montesquieu) exige recul et distanciation. Par ailleurs, pour être efficace,  : la séduction excessive d’une « histoire » à laquelle on s’attache pour elle-même risque de faire passer la « morale » à l’arrière-plan [exemples]. Elle doit aussi d’une réalité complexe, un grossissement sans nuances qui ferait que l’on n’y « croit pas ».

2. Un choix qui dépend de certains facteurs

Avant de choisir, il faut tenir compte de divers paramètres.

  • L’écrivain doit , des goûts et de la sensibilité de  : s’agit-il d’un public jeune ? mûr ? « spécialisé » ? À chaque époque correspond une stratégie différente. Le e siècle, brillant, léger, apprécie les démonstrations indirectes et ironiques des contes philosophiques [exemples] ; la fin du e siècle, scientiste et positiviste, se reconnaît dans des essais fouillés et argumentés.
  • Le choix du type d’argumentation dépend aussi de la  : un écrivain fantaisiste, imaginatif, comme La Fontaine, prend plaisir à argumenter à travers une « histoire » ; tel autre, plus sérieux, comme d’Alembert, préfère s’exprimer directement.

3. La combinaison des deux types d’argumentations ?

  • , selon leur public et le contexte : Montesquieu est l’auteur des Lettres persanes (roman épistolaire fictif qui fait la satire humoristique des mœurs mais aussi du pouvoir politique et religieux de son temps) et de L’Esprit des lois, traité de sociologie et de philosophie politiques ; Hugo argumente indirectement dans son roman Les Misérables et directement dans ses discours politiques.
  • , enfin,  : ainsi, dans une pièce de théâtre ou un roman, dans un conte philosophique, il arrive qu’un personnage, porte-parole de l’auteur, argumente directement (Marceline, dans Le Mariage de Figaro, dénonce le sort injuste réservé aux femmes). Inversement, certains discours ou essais développent des exemples qui se présentent comme de véritables petits apologues.

Conclusion

Finalement, argumentation directe ou indirecte ? On ne saurait répondre de façon catégorique. Chaque stratégie a ses atouts : clarté, rigueur et limpidité pour l’une, agrément et implication du lecteur pour l’autre. Leur efficacité dépend de nombreux facteurs (contexte, aptitudes du créateur, sensibilité du destinataire…) et c’est sans doute la conjonction des deux stratégies qui permet de donner de la force à une critique et d’engager toutes les sortes de public dans les débats d’idées.

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